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Gauche alternative en Corse

Trois questions à Sixte Ugolini

Publié le 16 Décembre 2011 par Manca alternativa in anciens combattants, Bastia, Corse, guerre, Nicoli, occupation, Résistance, Ugolini, vandalisme

ugolini

Nous avons déjà évoqué le geste aussi stupide qu’inadmissible qui a conduit quelques âmes fatiguées du cerveau ou animées d’intentions malveillantes, à briser la stèle d’un personnage emblématique de la Corse : Jean Nicoli. Une nouvelle  plaque sera posée au même endroit à Bastia, sur un mur du lycée éponyme. A cette occasion, nous avons posé trois questions à Sixte Ugolini, président de l’Association des Anciens Résistants et des Amis de la Résistance (Anacr) de la Haute Corse.

Manca alternativa. Monsieur Sixte Ugolini, avez-vous une idée sur qui pourrait être à l’origine de ce geste inqualifiable ?

Sixte Ugolini. A ce jour, on ne connaît pas les motivations ayant animé le bras qui a brisé la plaque en hommage à Jean Nicoli. Il s’agit d’un acte volontaire et en ce sens, il est inadmissible. L’émotion que cet acte a suscitée prouve, s’il en était besoin, que le geste était ciblé. C’est pourquoi une plainte sera déposée et le remplacement de la plaque effectué dans les meilleurs délais.

Manca alternativa. Pensez-vous que le climat de violence et d’intolérance que nous connaissons aujourd’hui a pu favoriser  un tel acte ?

Sixte Ugolini. Le climat actuel de haine et de violence, de rejet de l’autre, savamment entretenu par le pouvoir actuel, qui souffle chaud et le froid, ne peut que contribuer à favoriser de tels actes. La marginalisation des valeurs de la Résistance pousse à dénigrer les résistants et même à salir leur combat.

Manca alternativa. Parlez-nous en quelques mots de la prestigieuse figure de Jean Nicoli qui n’est peut-être pas bien connu des jeunes générations.

Sixte Ugolini. Chacun connaît en Corse Jean Nicoli qui reste la figure emblématique  de la Résistance. Il est mort pour son idéal et pour la Corse. Condamné à être fusillé, il a été décapité par ses bourreaux tant leur haine était grande. Jean Nicoli constitue un exemple pour les jeunes corses. Aussi le devoir de mémoire constitue une exigence. L’Anacr, tous les 30 du mois d’août, date anniversaire de son exécution, dépose une gerbe devant cette plaque, désormais détruite. Car la mémoire ne s’entretient pas seulement par les mots gravés dans le marbre. Il faut des commémorations qui ne soient pas muettes. Nous retournerons donc dans quelques jours pour inaugurer la nouvelle plaque et affirmer que si on peut briser le marbre, on ne tuera jamais les idées.

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