Une botte menaçante écrase le rouge de la couverture, un titre choc : Comment naît le fascisme. C’est malheureusement encore d’actualité.
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Antonio Gramsci est né en 1891 en Sardaigne. Etudiant, il s’engage au Parti socialiste en 1913 à Turin. Il y croise Mussolini. Il rejoint le quotidien du parti, l’Avanti !, puis l’hebdomadaire Il Grido del popolo («Le cri du peuple») et crée en 1919 l’Ordine nuovo. Il cofonde le Parti communiste italien. La marche sur Rome (italien : marcia su Roma) est une marche paramilitaire menée par les faisceaux italiens de Mussolini vers la capitale de l'Italie le 27 octobre 1922, dont le but premier était d'impressionner le gouvernement libéral alors encore en place et de faire pression sur la classe politique. Après cette marche, un mandat d’arrêt est lancé contre lui alors qu’il se trouve à l’étranger, mais il revient au pays après les législatives d’avril 1924, protégé par son immunité parlementaire. Le 8 novembre 1926, Gramsci est arrêté, condamné à vingt ans de prison. Libéré en 1933 pour être hospitalisé, il meurt quatre ans plus tard.
Son recueil rassemble des extraits de dix de ses articles publiés entre le 20 novembre 1920 et le 1er novembre 1924, une période cruciale en Italie. A deux années rouges, 1919-1920, intenses en luttes sociales, ont succédé deux années noires, 1921-1922, de violences exercées par les chemises noires. Elles mèneront Mussolini au pouvoir en octobre 1922. Gramsci est un observateur aigu des jeux de forces politiques en cours, du culte du chef aux compromissions de l’Etat et de la petite bourgeoisie....
Le fascisme naît d'une combinaison de facteurs sociaux, politiques et économiques, comme l'analyse d'Antonio Gramsci le montre, notamment la décrédibilisation des régimes parlementaires et l'aspiration à un chef autoritaire.
Les Origines du Fascisme selon Antonio Gramsci
Antonio Gramsci, un intellectuel et homme politique italien, a analysé les conditions qui ont conduit à l'émergence du fascisme dans ses écrits entre 1920 et 1924. Voici quelques éléments clés de son analyse :
Décrédibilisation du Régime Parlementaire: Gramsci souligne que la perte de confiance dans les institutions démocratiques a ouvert la voie à des mouvements autoritaires. La perception que le parlementarisme ne répondait plus aux besoins du peuple a favorisé l'ascension de leaders charismatiques.
Aspiration au Chef: L'aspiration à un leader fort, capable de résoudre les crises économiques et sociales, a été un facteur déterminant. Les gens cherchaient un guide qui pourrait restaurer l'ordre et la fierté nationale, ce qui a permis à des figures comme Mussolini de gagner en popularité.
Brutalisation de la Politique: Gramsci a également noté une tendance à la violence politique, où les opposants étaient souvent réduits au silence par des moyens coercitifs. Cette brutalisation a contribué à un climat de peur qui a facilité l'acceptation de régimes autoritaires.
Sentiment de Déclassement: La classe moyenne, ressentant un déclassement social et économique, a été particulièrement réceptive aux idées fascistes, cherchant à retrouver une position de pouvoir et de respectabilité.
Cynisme du Grand Capital: Gramsci a observé que certains secteurs du capitalisme soutenaient le fascisme, espérant que ce dernier stabiliserait la société et protégerait leurs intérêts économiques.
Contexte Historique
Le fascisme a émergé dans un contexte de crise après la Première Guerre mondiale, où les tensions sociales, les luttes de classes et les bouleversements économiques ont créé un terreau fertile pour des idéologies extrêmes. Le fascisme italien, sous Mussolini, a ainsi trouvé un écho dans d'autres pays, notamment en Allemagne avec l'ascension du nazisme.
Conclusion
L'analyse de Gramsci reste d'une grande actualité, car elle met en lumière des dynamiques qui peuvent encore être observées dans les mouvements politiques contemporains. Comprendre comment le fascisme est né permet de mieux appréhender les défis actuels auxquels les démocraties sont confrontées. Les réflexions de Gramsci nous rappellent que l'histoire a des leçons à enseigner.