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Gauche alternative en Corse

Le 30 janvier 1735, la Consulta d'Orezza

Publié le 30 Janvier 2026 par Manca alternativa

Le 30 janvier 1735, la Consulta d'Orezza donnait à l'île la première constitution écrite, considérée par beaucoup d'historiens comme étant la première de l'histoire moderne qui inspirera bien la seconde de Pasquale Paoli au moment de son élection au couvent de Casabianca en 1755, mais aussi les révolutionnaires américains. La Corse déclarait alors son indépendance, en se libérant des banquiers de l’office Saint Georges et de la république génoise qui administrait la Corse comme une colonie.  Une guerre de presque 35 ans s’en est suivie contre Gènes avant que l'île indépendante ne soit vendue avec ses habitants à la France lors de la signature du traité de Versailles. La guerre entre la Corse et la France était donc inévitable et s’est terminée dans le sang. Il est bon de rappeler aux détracteurs des Corses que, à cette époque-là, nos ancêtres n'aspiraient qu'à être indépendants et que, par la suite, la Corse a payé de lourds tributs humains aux deux guerres mondiales, pour être le premier département libéré contre le fascisme et le nazisme.

Nous sommes le 30 janvier 2025 et 290 ans se sont écoulés mais les Corses n’ont pas oublié cette période de leur histoire avec, pour point final, la bataille de Ponte Novu. Le 8 mai 1769 s’y déroula le massacre de centaines de Corses par l'armée de Louis XV.  Cette terrible défaite livra la Corse à la France obligeant Pascal Paoli, chef du gouvernement de la Corse indépendante depuis le 14 juillet 1755,  à s’exiler en Angleterre ; un exil qui dura 21 ans. De cette tragédie, on peut retenir cet hommage de Voltaire : « Le courage des Corses fut si grand qu'ils se firent un rempart de leurs morts […] On trouve partout de la valeur, mais on ne voit de telles choses que chez les peuples libres. »

Comme chaque année le 8 mai prochain, cette bataille sera commémorée pour respecter un devoir de mémoire sans récupération politique. C’est dans cet esprit que l'association U Ricordu di Ponte-Novu organise la commémoration sur le pont célèbre en Corse.

Le 290ème anniversaire de la Consulta d’Orezza et du début de la période indépendante de la Corse est l’occasion de revenir sur l’histoire de l’île. Le site « Corse Web » donne une brève chronologie de cette longue histoire.

Nous dédions cet article à tous ceux, comme Laurent Ruquier et Christophe Barbier, qui conchient sur les Corses et qui s’étonnent ensuite que nous ne laissions jamais passer sans rien dire leurs médisances racistes, sans rien connaître des Corses et de la Corse. Nous leur conseillons aussi un ouvrage qui s’adresse à eux : La Corse pour les nuls. Ils ne sont malheureusement pas les seuls. Nous nous souvenons d’une déclaration de Simone Weil : « La Corse est un exemple du danger de contagion impliqué par le déracinement. Après avoir conquis, colonisé, corrompu et pourri les gens de cette île, nous les avons subis sous la forme de préfets de police, policiers, adjudants, pions et autres fonctions de cette espèce à la faveur desquelles ils traitaient à leur tour les Français comme une population non-conquise. Ils ont aussi contribué à donner de la France, auprès de beaucoup d'indigènes des colonies, une réputation de brutalité et de cruauté... ». Cette dame, érigée comme modèle de vertu, avait la dent dure et a fait montre d’une hypocrisie et d’un racisme étonnant, alors qu’elle a toujours mis en avant son enracinement dans la Shoah. Descendante d’un génocide, elle était en outre hermétique aux autres génocides que le sien. Comme quoi il y a des réputations humanistes qui sont surfaites par une presse complaisante. Cela, nous le savions, mais il est bien de le rappeler. Nous n’allons pas dresser ici l’inventaire de toutes les déclarations anti-corses qui, depuis trop longtemps, entretiennent des préjugés et des poncifs qui nous incitent parfois à nous en amuser mais jamais à les accepter.

Terminons sur une note positive !  Une citation de Jean-Jacques Rousseau pour respirer un peu d’air pur après les relents nauséabonds sortis de la bouche de quelques contemporains (comptant pour rien aussi) : « Il est encore en Europe un pays capable de législation ; c'est l'île de Corse. La valeur et la constance avec laquelle ce brave peuple a su recouvrer et défendre sa liberté mériterait bien que quelque homme sage lui apprît à la conserver. J'ai quelque pressentiment qu'un jour cette île étonnera l'Europe ».

Souhaitons que l’étonnement soit produit par des événements heureux dans une société solidaire, mais aussi ouverte aux autres. C’est le meilleur moment pour choisir l’optimisme en ce 30 janvier qui rappelle la Consulta d’Orezza et le prix payé pour rester libre. Notre actualité nous montre, chaque jour, les menaces qui pèsent sur la liberté des peuples, en commençant par les moins nombreux et les plus faibles. Lenine disait que le fascisme est le capitalisme en décomposition. Aujourd’hui Donald Trump incarne cette citation.

Jean-Paul d’Aïtone

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