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Gauche alternative en Corse

La SNCM ne coulera pas!

Publié le 26 Octobre 2013 par Manca alternativa in Bartoli, cessation de paiement, Commission européenne, CTC, Giacobbi, SNCM, VEOLIA

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On croyait la SNCM hors de danger après la signature d’une nouvelle DSP et voilà que des rumeurs de naufrage sont colportées dans la presse. On parle d’une cessation de paiement qui serait la conséquence de l’obstination de la commission européenne à faire rembourser une partie des subventions passées à la Collectivité Territoriale Corse (220 millions d’euros), l’annonce de Paul Giacobbi, Président de la CTC, de mettre en recouvrement la dite créance et les tergiversations des actionnaires de la SNCM à tenir leurs engagements financiers. On se souvient que Frédéric Alpozzo, représentant le syndicat CGT des marins, avait déclaré en avril avec lucidité: « â€¯Il y a un discours volontairement alarmiste de la part de la direction de la SNCM. Mais il est évident aussi que la CTC met en œuvre une politique ultralibérale qui va profiter directement à la concurrence à Toulon, c'est-à-dire la Corsica Ferries, et qui va entraîner de la casse social ».Les plus alarmistes annoncent aujourd’hui que les salaires d’octobre ne seraient pas payés et que le trafic entre la Corse et le continent serait arrêté.Dans ce contexte pessimiste et délétère, vendredi dernier,  le président de l’office des transports maritimes de l’île, Paul-Marie Bartoli , a tenu à rassurer les usagers, et tous les Corses. La continuité territoriale sera assurée quelles que soient les difficultés de la SNCM qui devra respecter la délégation de service public en fin de contrat et la nouvelle délégation qui débute le premier janvier 2014. La CTC y veillera. Il a rendu hommage à la retenue et à l’esprit de responsabilité des personnels de la SNCM en les  encourageant à continuer à faire preuve de plus d’esprit de responsabilité que les dirigeants et les actionnaires de la SNCM.  

Les actionnaires de la SNCM ont finalement annoncé qu'ils tiendront leurs engagements financiers C’est la direction de la SNCM qui l’a annoncé en écho à Paul-Marie Bartoli ce même vendredi 25 octobre… "Les actionnaires de la compagnie viennent de confirmer [...] leurs contributions pour abonder la trésorerie à la hauteur des besoins exprimés", indique la direction. Une décision qui permet à la compagnie de transport d'assurer à ses clients que "son activité ne sera en rien perturbée". Un soulagement pour les 2000 marins et personnels à quai. Transdev , filiale Transport de Véolia Environnement, fera un premier versement de 17 millions d’euros sur les 30 millions promis.

Avec l’aide de l’Etat qui contrôle 25% de la compagnie maritime et du principal actionnaire Transdev filiale de Véolia (66%), la trésorerie de la SNCM serait donc assurée jusqu'en janvier et les discussions sur le projet industriel devraient pouvoir reprendre dans un climat plus serein. Toutefois la SNCM est toujours sous la menace d'une condamnation de la Commission européenne, qui exige de la France qu'elle recouvre les 220 millions d'aides jugées illégales versées entre 2007 et 2013. Il faut rappeler que, face aux difficultés, l'Etat et Veolia avaient validé en juin un plan prévoyant la suppression de plus de 500 postes, sur quelque 2 600 employés. Les personnels et les syndicats ont dû avaler cette couleuvre et il serait scandaleux que ce soit pour en arriver à une liquidation de la compagnie maritime. Pour Maurice Perrin, élu au conseil de surveillance pour y représenter les actionnaires salariés qui détiennent 9% du capital, il serait temps que la SNCM dispose d’un nouvel actionnariat et il a ajouté : «  Sans cela, le projet de redressement de la compagnie ne pourra pas être mené à bien ». Pour les salariés, Veolia voudrait se débarrasser de sa branche transport au lieu de s’engager à long terme.

On sait que la France a renoncé depuis longtemps à toute ambition navale et a mené une politique de privatisation des compagnies nationales en vendant notamment la CGM et de la SNCM. Les navires battant pavillon français et naviguant avec des équipages français sont mis en difficulté par des compagnies battant pavillons de complaisance et embauchant des personnels honteusement exploités. La SNCM n'est pas sortie du rouge malgré la délégation de service public. Des erreurs de gestion et le manque de soutien gouvernemental risquent d'avoir raison de cette entreprise emblématique de Marseille et de la Corse. Dans la cité phocéenne on parle encore de  la vieille Transat dont la couleur de cheminée servait de logo à la foire de Marseille. Tout se passe comme si on voulait faire disparaître la SNCM et son passé glorieux. Elle a pourtant  des personnels formés et de beaux navires. Si on revient sur l’attitude de la Commission européenne, sans doute pour sauver la SNCM,  nous faudra-t-il  une Union européenne libérée des dogmes du libéralisme. On peut s’interroger sur l’acharnement des technocrates de la commission européenne à vouloir couler la SNCM, lorsque l’on sait l’influence des lobbies dans cette Union de la Finance. Rappelons que des compagnies low cost ont perçu une subvention dite « aide sociale » mise en place en 2001 sans aucun contrôle dans leurs comptes. C’est le cas pour la Corsica Ferries qui a perçu à ce titre 100 millions d’euros depuis 2002. Il faut tencore relever que la Corsica ferries ne paie aucun impôt en France et n’emploie des Corses que dans les ports de l’île et non à bord, tout en bénéficiant largement de l’aide sociale. Paradoxalement, l’état et la CTC doivent subventionner depuis des années une entreprise privée étrangère dont l’objectif est de couler une compagnie nationale française pour obtenir un monopole de fait comme cela s’est passé pour la Sardaigne avec des prix qui sont montés en flèche.

La SNCM est la seule compagnie de navigation française sur la Corse et le Maghreb. C’est la seule à être soumise à la fiscalité française et au code du travail dans une période de crise économique et de chômageElle garantit la stabilité des prix et la continuité territoriale en concurrence avec des compagnies dont la seule politique est le profit. Pour l’instant donc, malgré les oiseaux de mauvaise augure et le lobbying de la compagnie concurrente suisso-panaméenne, elle ne coule  pas et ses navires continueront à assurer la délégation de service public entre la Corse et le Continent. Bon vent et mer calme à tous ses personnels ! Pour les soutenir, il reste un moyen agréable : voyager avec eux !

Matalone

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